LES MUTATIONS DE MUTO
2/14/20266 min read


J’ai rencontré les fondateurs de Muto Event en 2022. Dans un article posté le 26 octobre (un article qui se trouve toujours sur mon blog), je relate mon entretien avec Hugues Deschaux, entretien au cours duquel nous avions évoqué la philosophie de Muto Event, la direction que l’entreprise souhaitait prendre, sa raison d’être, la valeur ajoutée que l’entreprise pouvaient apporter au secteur et leurs objectifs à court, moyen et long terme. Ils étaient enthousiastes et je l’étais également parce que je trouvais la démarche innovante et pleine d’un optimisme réjouissant. Je trouvais leur engagement formidable.
Je n’ai pas changé d’avis depuis, mais quatre années ont passé. J’ai toujours gardé le contact avec Muto. Je me suis toujours intéressé à leur actualité et à leurs projets. Nous échangions de temps à autre avec Vincent Raimbault et nous avons monté quelques dossiers ensemble. Pas énormément. Pas assez, en tous les cas. Ce n’est pas un regret, c’est simplement un concours de circonstances et le fait que je ne suis pas au cœur de la « production » des dossiers. Je suis un prescripteur.


Il y a quelques jours, j’apprends que Vincent avait l’intention de quitter l’entreprise. Nous échangeons quelques mails et il me dit que Léa Arbassette va reprendre son poste et s’occuper de Muto, de ses équipes, de son avenir (aujourd’hui, on dit « Muto » tout court, comme on donne un diminutif à quelqu’un qui nous est familier, un vieil ami pour qui on éprouve de l’affection, ce qui est plutôt bon signe : Muto fait désormais partie du paysage). Vincent s’oriente vers l’économie circulaire mais il n’oublie pas les lignes droites : il me met en contact avec Léa.
La nouvelle Directrice Générale de Muto s’occupe à la fois des équipes commerciales, des équipes de production, des équipes opérationnelles. Elle me rappelle que le cœur de métier de l’entreprise, c’est la récupération des matériaux et le réemploi. C’est toujours bon de rappeler les fondamentaux. Pour moi et pour tous ceux qui liront cet article.


Muto, c’est « un service clé en main dédié au réemploi solidaire des aménagements éphémères ». La formule figure sur la homepage du site et je dois dire qu’elle est plutôt bonne. Léa ajoute que Muto est aujourd’hui capable de donner un second souffle à de nombreux matériaux, beaucoup plus qu’à ses débuts : le bois, évidemment, mais également la Forex, les plastiques, les moquettes, etc... Muto a de la suite dans les idées, des idées pour la suite mais l’entreprise a surtout gagné en expérience.
Comment ça se passe ? Le plus simplement du monde : « Nous établissons des devis en fonction de la typologie du chantier. Nous estimons le dispositif « main d’œuvre +logistique » du démontage, nous intégrons le transport et le stockage, nous assurons la distribution et, bien entendu, nous établissons un bilan d’impact. Nous garantissons également la traçabilité de tous les matériaux dont nous avons la charge », me dit Léa avec conviction.


Bien entendu, je pose la question du coût, l’un des freins le plus souvent évoqué, surtout quand il s’agit d’événements corporate. Léa est lucide : « La benne à déchets est, pour le moment, moins chère que les services de Muto ! Je dis « pour le moment » car le prix des bennes est en train de subir une forte inflation... Et puis une benne reste une benne. Une benne ne réfléchit pas, ne discute pas et ne trouve pas de solutions en fonction d’une demande complexe. Si vous n’aviez qu’un marteau, tous vos problèmes auraient la forme d’un clou. »


Pour la plupart des agences, l’écologie fait désormais partie de leur ADN. Elles assurent un volume d’affaire important pour Muto et constituent, pour la plupart, des alliés dans son combat pour un événementiel responsable. « Mais nous avons beaucoup de clients annonceurs dorénavant, des entreprises qui appliquent des programmes RSE stricts et cohérents » ajoute Léa. Y-a-t-il une prise de conscience à grande échelle ? « Il y a encore du chemin à faire, nuance-t-elle. Tout le monde n’a pas le même niveau d’engagement et c’est tout de même compliqué de changer les mentalités, de même qu’il est difficile de faire bouger les chaînes de valeur. Ce qui serait intéressant à mon avis, ce serait d’organiser des learning expeditions pendant les démontages de gros événements pour que les gens se rendent compte des volumes de matériaux dont il est question. C’est toujours très impressionnant à voir et c’est un choc de voir que cela représente des centaines de mètres cube de déchets. »


Si la capacité de stockage de Muto est très confortable et son réseau de « distribution » de plus en plus étoffé - ce qui permet à l’entreprise d’écouler plus facilement ses stocks - Léa me dit que l’entreprise se diversifie. Dans le mobilier, dans la scénographie...
La ligne SIMU, signée Muto, est une gamme de mobilier événementiel d’un genre nouveau, 100 % circulaire et modulaire. SIMU est destiné à la location. Ce sont des cubes et des rectangles, des plateaux, faciles à assembler, à agencer, à réagencer. A partir de ces quelques éléments, tout est possible. Avec SIMU, vous avez le pouvoir de créer des aménagements uniques, tout en respectant l’objectif d’un impact environnemental minimal. Vous pouvez « fabriquer » tout ce dont vous avez besoin, du mange debout au desk, du tabouret haut à la table basse. Le catalogue est sur le site.
Pour finir notre entretien, Léa me présente le dernier né de la famille Muto, lancé en septembre de l’année dernière. Quel est ce nouveau service ? Eh bien c’est un département qui conçoit et construit des scénographies (et des décors) pour les entreprises et les institutions, une alliance inédite entre Muto et JPB qui s’est construite sur une évidence économique : complémentarité sur les plans créatifs, infrastructurels et sur les capacités de fournir des ressources issues de la collecte. Soutenue par l’ADEME et la Région Île-de-France, la « joint venture » propose une offre concrète de la conception à la construction, du démontage à la réutilisation. Une offre de service qui s’imbrique intelligemment avec SIMU by Muto. La boucle est rebouclée.


Pour le nom de la nouvelle entité, JPB Set Design a été retenu. Son objectif ? Une démarche zéro déchet. Dans un monde de l’événementiel qui consomme plus d’un million de tonnes de déchets chaque année, Muto et JPB Set Design sont, plus que jamais, des réponses crédibles à une transition écologique nécessaire. Muto et JPB Set Desing ne sont pas là pour juger, mais pour agir, avec efficacité : moins de ressources en amont, moins de déchets générés en aval, pas de coûts superflus, le tout sans compromis sur l’impact esthétique.


La promesse est-elle facile à tenir ? Léa en est persuadée et elle est pleinement engagée dans la réussite de Muto et de tous ses projets et futurs projets. Pour ma part, je partage son avis, je partage les idées de Muto et ce n’est pas une posture. Sinon pour quelles raisons aurais-je pris la peine d’écrire un article ?
Longue vie à Muto et je souhaite à Léa et à ses équipes toutes les réussites possibles.
